Table des matières
Introduction
Vérifier un but de football, ce n’est pas l’examiner du regard. C’est le mettre sous charge et observer sa réaction. L’essai porte sur deux qualités de l’équipement : sa résistance et sa stabilité avec sa tenue au basculement. Il consiste à exercer une traction sur la barre transversale, à la maintenir, et à vérifier que le but et son système de fixation ne rompent pas, ne se déplacent pas et ne se déforment pas. Sur un but de basket-ball, la traction s’applique au point d’ancrage qui relie le cercle au panneau.
C’est le moment décisif du contrôle. C’est aussi le seul moment où un équipement fragilisé peut céder, avec toute la charge appliquée qui se libère d’un coup, et jusqu’ici le technicien se tenait le plus souvent dessous pour la déclencher. Nous avons conçu une machine dédiée pour réaliser cet essai sur site, avec Aldo de la carrosserie Gounon.
Cet article explique ce que la réglementation attend d’un gestionnaire d’équipements sportifs, comment nous menions cet essai jusqu’ici, ce que cette machine change pour nos techniciens, et ce qu’elle change pour les collectivités et les établissements qui nous confient leurs installations.
Ce que le code du sport demande, et ce qu’il ne dit pas
Les exigences de sécurité applicables aux buts de football, de handball, de hockey sur gazon et en salle, ainsi qu’aux buts de basket-ball, figurent aux articles R322-19 à R322-26 du code du sport.
L’article R322-25 est celui qui concerne directement le gestionnaire. Il lui impose d’entretenir régulièrement ses équipements de façon qu’ils répondent en permanence aux exigences de sécurité, de les contrôler dès la première installation conformément aux prescriptions des normes dont les références sont publiées au Journal officiel, puis d’établir un plan de vérification et d’entretien qui précise notamment la périodicité des vérifications. Ce plan doit être tenu à la disposition des agents de contrôle, accompagné d’un registre comportant, pour chaque site, la date et les résultats des essais et contrôles effectués.
C’est ici qu’il faut lever une confusion répandue. Le code du sport ne fixe lui-même ni les modalités d’essai, ni leur fréquence. Il l’a fait par le passé : jusqu’au 21 avril 2016, deux annexes portaient les charges et les méthodes à appliquer. Le décret n°2016-481 du 18 avril 2016 les a abrogées. Depuis, le texte renvoie aux normes de sécurité référencées au Journal officiel, listées par l’avis du 5 mars 2022, et laisse au gestionnaire la charge de bâtir son propre plan de vérification.
Autrement dit, la responsabilité ne se limite pas à faire vérifier ses buts. Elle commence par décider, formaliser et documenter la façon dont ils sont vérifiés. L’article R322-26 le confirme en sens inverse : ne pas produire le plan de vérification et le registre des essais aux agents chargés du contrôle constitue une infraction en soi, indépendamment de l’état réel des équipements.
Ce qui donne à chaque essai un rôle qu’on lui prête rarement. Il ne valide pas seulement un but. Il produit un résultat daté qui vient alimenter un registre que vous devrez pouvoir présenter.
L’essai tel que nous le menions jusqu’ici
Une machine d’essai existait déjà dans nos équipes. Elle fonctionnait entièrement en manuel, et trois contraintes revenaient sur chaque tournée.
Son poids d’abord. Déplacer la machine d’un but à l’autre sur un stade, puis d’un site à l’autre dans la journée, demandait un effort physique réel, répété autant de fois qu’il y avait d’équipements à vérifier.
Le temps de préparation ensuite. Passer d’un essai sur but de handball à un essai sur but de football supposait d’ajouter puis de démonter plusieurs équipements. Sur un site qui compte une dizaine de buts de natures différentes, ces manipulations finissaient par peser plus lourd que les essais eux-mêmes.
La position de l’opérateur enfin, et c’est la contrainte qui a déclenché le reste. La commande de la mise en charge se faisait sous l’équipement. Le technicien déclenchait donc la traction en se tenant à l’aplomb d’une structure dont l’essai consiste précisément à éprouver la résistance et la tenue au basculement. Si le but bascule ou rompt pendant l’essai, c’est à cet endroit-là.
Ce que les équipes ont demandé
Le besoin est venu du terrain, formulé en trois points par ceux qui font ces vérifications toute l’année : commander la mise en charge à distance et sortir l’opérateur de dessous l’équipement, déplacer la machine sans effort, et changer de nature d’essai sans remonter un ensemble à chaque fois.
Des machines d’essai existent dans le commerce, à plus de 15 000 euros. Nous sommes partis d’un matériel bien plus simple, des brouettes électriques achetées telles quelles, et le reste a été conçu avec Aldo de la carrosserie Gounon et en a assuré la fabrication. Olivier Barre a porté le projet en interne, de l’expression du besoin à la mise en service.

La machine, concrètement
La mise en charge se commande à distance, hors de l’aplomb de l’équipement testé. C’est l’exigence qui a fait naître la machine, les autres en découlent.
Son déplacement est motorisé, hérité de la base de brouettes électriques, ce qui supprime la manutention entre deux équipements.
Elle embarque un treuil équipé d’un peson à écran, qui réalise les essais en traction verticale comme en traction horizontale, aux différentes charges prévues selon la nature de l’équipement. La charge appliquée est lue en direct sur l’écran pendant toute la durée de l’essai.
L’ensemble des équipements intégrés fonctionne sur batteries rechargeables. Elles se rechargent depuis le véhicule qui transporte la machine, ou sur une simple prise de courant monophasée. Un stade sans point d’alimentation accessible ne bloque donc pas l’intervention.

Ce que cela change pour le technicien
La commande déportée est le vrai changement, et c’est la raison d’être de la machine. Le technicien ne se place plus sous le but pour déclencher la traction : il en sort, et reste hors de la zone où la charge tombe si l’équipement bascule ou rompt. L’essai est le même, la position de celui qui le déclenche ne l’est plus.
Le reste relève des conditions de travail, et ce n’est pas secondaire sur une tournée qui enchaîne les sites : moins de manutention, moins de montage et démontage entre deux natures d’essai, donc une fatigue accumulée nettement moindre en fin de journée.

Ce que cela change pour le gestionnaire
Une vérification plus rapide, d’abord. Sur un complexe sportif qui compte plusieurs terrains et plusieurs types de buts, le temps gagné sur les manipulations raccourcit la durée d’immobilisation des équipements.
Un essai qui produit une valeur, ensuite. La charge n’est pas estimée, elle est lue sur le peson pendant l’essai. C’est cette valeur qui remonte dans le rapport, puis dans le registre que l’article R322-25 vous impose de tenir à disposition des agents de contrôle.
Une intervention qui ne dépend pas du site, enfin. L’autonomie sur batteries permet de vérifier des équipements installés loin de tout raccordement, ce qui est le cas courant d’un terrain d’entraînement ou d’un plateau sportif scolaire.
Questions fréquentes
Le propriétaire ou l’exploitant de l’équipement, pas son fabricant. L’article R322-25 du code du sport met à sa charge l’entretien régulier, le contrôle dès la première installation, l’établissement du plan de vérification et la tenue du registre des essais. Cela vise en pratique les collectivités, les établissements scolaires, les clubs et les gestionnaires d’installations sportives.
Le code du sport ne fixe aucune fréquence. L’article R322-25 impose au gestionnaire d’établir un plan de vérification et d’entretien qui précise lui-même cette périodicité, en s’appuyant sur les normes référencées au Journal officiel. La fréquence retenue dépend donc du type d’équipement, de son exposition et de son usage, et elle se décide site par site.
Non. Le contrôle visuel repère les anomalies apparentes, vis manquantes, corrosion, fixation desserrée, mais il ne dit rien de la résistance ni de la stabilité de l’équipement sous charge. Seul l’essai en traction vérifie qu’un but ne rompt pas, ne se déplace pas et ne bascule pas lorsqu’on le sollicite.
Non. La machine fonctionne sur batteries rechargeables, qui alimentent l’ensemble de ses équipements. La recharge se fait ensuite depuis le véhicule de transport ou sur une prise monophasée, entre deux interventions.
Acritec vous accompagne
Notre expertise sur les équipements sportifs et les aires de jeux
Nous vérifions les buts de football, de handball, de hockey, de rugby et de basket-ball, ainsi que les aires de jeux, parcours santé, espaces fitness, skateparks et agrès de gymnastique, pour les communes, les établissements scolaires, les centres de loisirs et les gestionnaires de complexes sportifs de la région Rhône-Alpes. Le détail de cette prestation est présenté sur notre page dédiée au contrôle des aires de jeux et équipements sportifs.
Ce que cette machine apporte à nos interventions
Sécurité de l’essai. La commande déportée maintient le technicien hors de l’aplomb du but pendant toute la mise en charge, là où il devait se placer dessous auparavant.
Mesure lue et tracée. Le peson affiche la charge réellement appliquée, qui devient une valeur exploitable dans votre registre de vérification.
Autonomie sur site. Les batteries rendent l’intervention possible sur des équipements éloignés de tout raccordement électrique.
Rapidité sur les parcs multi-équipements. Le passage d’une nature d’essai à une autre ne demande plus le remontage d’un ensemble, ce qui compte dès qu’un site regroupe plusieurs terrains.

Conclusion
Un but qui bascule reste l’un des accidents les plus graves qu’un équipement sportif puisse produire, et c’est précisément ce que l’essai en charge cherche à prévenir. Nous avons construit cette machine plutôt que d’en acheter une parce que cet essai méritait d’être fait dans de bonnes conditions, d’abord pour le technicien qui le déclenche, ensuite pour le gestionnaire qui s’appuie sur son résultat.
Merci à Olivier Barre, qui a mené ce projet de bout en bout, Aldo et la carrosserie Gounon, sans qui la machine serait restée une idée de tournée.
Vous gérez des buts ou des aires de jeux à faire vérifier ? Contactez Acritec pour organiser votre intervention.
Sources : code du sport, articles R322-19 à R322-26 ; décret n°2016-481 du 18 avril 2016 modifiant les dispositions relatives aux cages de buts et aux buts de basket-ball ; avis du 5 mars 2022 relatif à l’application des articles R322-19 à R322-26 du code du sport (NOR ECOC2124966V) ; Légifrance.