Table des matières
Introduction
Le développement du photovoltaïque s’accélère partout en France. Toitures industrielles, ombrières de parking, champs solaires au sol, installations en autoconsommation : les configurations se multiplient et les puissances installées progressent rapidement. Cette dynamique s’accompagne malheureusement d’une augmentation des sinistres, en particulier des incendies d’origine électrique liés à la partie courant continu des installations.
Face à ces enjeux, le CNPP a publié en septembre 2025 une nouvelle édition du référentiel APSAD D20, qui remplace la version de février 2013. Ce document technique fixe désormais le cadre de référence pour la conception, l’installation, l’exploitation, la maintenance et le contrôle des installations photovoltaïques. Il introduit également un nouveau document de vérification : le compte rendu de contrôle Q20.
Chez Acritec, nous lançons officiellement notre activité de contrôle APSAD D20 pour accompagner les industriels, les collectivités et les exploitants de la région Rhône-Alpes dans la sécurisation de leurs installations. Dans cet article, nous vous présentons les enjeux du D20, les 4 piliers du contrôle, le Q20 et la manière dont nous intervenons concrètement sur le terrain.
Vous exploitez une installation photovoltaïque en Rhône-Alpes ?
Le photovoltaïque : une opportunité qui comporte des risques
L’énergie solaire est devenue une priorité dans la transition énergétique des entreprises. Réduction de la facture, valorisation des toitures, contribution aux objectifs RSE, sécurisation des coûts énergétiques : les bénéfices sont nombreux. Mais cette technologie introduit aussi de nouveaux risques d’incendie qui n’existent pas avec une installation électrique conventionnelle.
Trois risques sont particulièrement identifiés :
- L’arc électrique en courant continu (DC). Contrairement au courant alternatif où l’arc s’éteint naturellement, un arc DC peut s’auto-entretenir, atteindre plusieurs milliers de degrés et projeter des particules de métal en fusion susceptibles d’enflammer tout matériau combustible à proximité.
- Les échauffements anormaux sur les connecteurs, boîtes de jonction, câbles ou modules, qui peuvent rester invisibles longtemps avant de provoquer un sinistre.
- Les difficultés d’intervention pour les secours : présence permanente de tension côté DC tant que les modules sont éclairés, accès en toiture parfois complexe, risque de reprise de feu après extinction.
Le défi pour les exploitants est donc clair : produire de l’énergie sans compromettre la sécurité du bâtiment ni de ses occupants.
L’enjeu assurantiel s’ajoute à la dimension technique. De plus en plus d’assureurs exigent désormais le respect du référentiel APSAD D20 pour accepter de couvrir une installation photovoltaïque, maintenir une couverture existante ou éviter des exclusions de garantie. Le compte rendu Q20 devient progressivement un document de référence dans la relation entre exploitants et compagnies d’assurance.
Qu’est-ce que le référentiel APSAD D20 ?
Le référentiel APSAD D20 est un document technique élaboré par le CNPP (Centre National de Prévention et de Protection). Il définit les bonnes pratiques de prévention à adopter tout au long du cycle de vie d’une installation photovoltaïque, depuis sa conception jusqu’à son exploitation courante.
Les objectifs du D20
Le référentiel poursuit quatre objectifs principaux :
- prévenir le risque d’incendie d’origine électrique lié aux installations photovoltaïques ;
- limiter la propagation des incendies ayant pour origine ces installations ;
- faciliter l’intervention des services de secours en cas de sinistre ;
- permettre l’accessibilité pour les opérations d’entretien, de maintenance et de contrôle.
Quelles installations sont concernées ?
La nouvelle édition 2025 a étendu le périmètre du référentiel par rapport à la version de 2013. Le D20 s’applique désormais à :
- les installations photovoltaïques en couverture, en toiture ou en façade des bâtiments industriels, commerciaux, tertiaires, agricoles et des habitations collectives ;
- les ombrières solaires (parkings, zones de stockage) ;
- les champs solaires au sol ;
- les installations en autoconsommation ;
- les installations avec stockage d’énergie (batteries).
Sont en revanche exclues du périmètre du D20 : les maisons individuelles, les installations agrivoltaïques et les champs photovoltaïques flottants.
Une application volontaire mais largement exigée
Le référentiel APSAD D20 est d’application volontaire : aucune réglementation ne le rend obligatoire. En pratique, il est néanmoins de plus en plus exigé par les prescripteurs, en particulier les assureurs, comme condition de souscription ou de renouvellement des contrats. Son respect conditionne souvent le maintien d’une couverture incendie satisfaisante.
Vous vous interrogez sur les risques de votre installation ? Nos équipes peuvent réaliser un premier diagnostic et identifier les points de vigilance.
Les 4 piliers du contrôle APSAD D20
Un contrôle APSAD D20 ne se limite pas à un simple examen visuel. Il couvre l’ensemble du cycle de vie de l’installation et s’articule autour de quatre grands axes de vérification.

1. Vérification des dispositions constructives
Cette première partie du contrôle s’intéresse à la manière dont l’installation est physiquement intégrée au bâtiment. Sont notamment vérifiés :
- l’implantation des modules et la séparation des risques (allées de 10 m minimum entre champs photovoltaïques de plus de 6 000 m², chemins de circulation de 0,9 m de large pour la maintenance et le contrôle) ;
- l’accessibilité pour les services de secours et les équipes de maintenance (espaces libres autour des installations techniques, des exutoires de désenfumage, des onduleurs) ;
- la séparation physique entre l’installation photovoltaïque et l’intérieur du bâtiment, notamment au regard des matériaux combustibles présents en toiture ;
- le respect des règles d’implantation des onduleurs (local technique coupe-feu, surélevation en toiture, distance minimale en extérieur) ;
- la présence et l’intégrité des murs séparatifs coupe-feu lorsque le bâtiment en est équipé.
2. Vérification des dispositions électriques
Cette partie couvre la conformité de l’installation aux normes électriques en vigueur, en particulier la série NF C 15-100 et les guides UTE C 15-712. Sont vérifiés :
- les connecteurs DC (conformité à la norme EN 62852, compatibilité des couples mâle/femelle, absence de contact avec des matériaux combustibles) ;
- les boîtes de jonction (conformité EN IEC 62790) ;
- le cheminement des câbles AC et DC, leurs supports et leur classement Euroclasse ;
- les onduleurs (conformité IEC 62109-1 et EN 62109-2, installation conforme) ;
- les dispositifs de coupure d’urgence côté DC et côté AC ;
- la mise à la terre et la liaison équipotentielle ;
- le système de détection d’arcs électriques lorsqu’il est exigé par le prescripteur.
3. Dispositions pour l’exploitation et l’intervention
Une installation conforme à sa mise en service doit le rester dans le temps. Le D20 vérifie donc également les dispositions prises pour l’exploitation courante et l’intervention des secours :
- le dossier technique (certificats de conformité, procès-verbaux BRoof t3, évaluations techniques ATec/ATEx, schémas électriques) ;
- l’affichage et la signalisation (commandes de coupure, pictogramme dédié au risque photovoltaïque, plans de bâtiment à destination des secours) ;
- la présence d’un système de supervision des données électriques (puissance, tension, courant) permettant de détecter précocement une anomalie ;
- la sécurisation des intervenants (accès, garde-corps, protection contre les chutes) ;
- la gestion du risque de reprise de feu après extinction.
4. Contrôle par thermographie infrarouge
C’est l’une des grandes nouveautés de l’édition 2025. Le contrôle par thermographie infrarouge devient un élément structurant du D20 et porte sur trois parties distinctes de l’installation :
- la partie AC (en aval de l’onduleur), contrôlée selon les règles du référentiel APSAD D19 sur la thermographie des installations électriques ;
- la partie DC (entre les modules et l’onduleur), également contrôlée selon le D19 mais avec une attention particulière aux connecteurs et aux boîtes de jonction ;
- les modules photovoltaïques eux-mêmes, dont le contrôle est optionnel par défaut mais peut être imposé par le prescripteur. Le D20 autorise l’utilisation de caméras embarquées sur drones pour couvrir efficacement les grandes surfaces.
Le contrôle s’effectue sans coupure, en conditions normales de fonctionnement, et nécessite des caméras certifiées CNPP Certified disposant d’une attestation de vérification périodique en cours de validité.
Le compte rendu Q20 : les livrables du contrôle
Une nouveauté de l’édition 2025
Le compte rendu de contrôle Q20 est l’un des apports majeurs de la nouvelle édition du référentiel. Il atteste que l’installation photovoltaïque a été vérifiée selon les exigences du D20 et constitue le document de référence dans la relation avec l’assureur.
Contrôle initial et contrôle périodique
Le D20 distingue deux types de contrôle :
- Le contrôle initial, réalisé à la mise en service de l’installation ou lors du premier contrôle suivant l’entrée en vigueur du référentiel.
- Le contrôle périodique, réalisé à la suite du contrôle initial. Une périodicité annuelle est généralement recommandée, en cohérence avec l’obligation de maintenance annuelle imposée par le D20.
Les documents fournis à l’issue du contrôle
L’entreprise intervenante doit remettre, dans les trois semaines suivant l’intervention, un dossier complet comprenant :
- le compte rendu de contrôle Q20 ;
- la fiche d’identité de l’installation photovoltaïque ;
- un rapport de contrôle détaillé intégrant les fiches d’anomalies, les thermogrammes et les préconisations.
À l’issue immédiate du contrôle, un document listant les actions de priorité 1 est par ailleurs remis sur site et contresigné par l’entreprise utilisatrice.
Les trois degrés de priorité
Chaque anomalie identifiée est classée selon un degré de priorité, qui détermine le délai de traitement recommandé :
| Priorité | Mesures préconisées |
|---|---|
| Priorité 1 | Action immédiate |
| Priorité 2 | Action sous 2 mois à compter de la réception du rapport |
| Priorité 3 | Vérification ou action à réaliser avant le prochain contrôle thermographique périodique |
Cette hiérarchisation permet à l’exploitant de planifier ses interventions correctives en fonction du niveau de risque réel.
Une date clé : le 1er septembre 2026
Le référentiel a été publié en septembre 2025, mais les contrôles avec délivrance d’un compte rendu Q20 ne pourront être prescrits qu’à partir du 1er septembre 2026. Cette date correspond à la mise en place effective du dispositif de qualification des opérateurs et de certification des caméras dans le cadre du D20. Les exploitants ont donc tout intérêt à anticiper.
Pourquoi Acritec lance cette activité
Chez Acritec, nous avons la conviction que la conformité est le socle de la sérénité de nos clients. En intégrant le référentiel APSAD D20 dans nos services, nous accompagnons les exploitants d’installations photovoltaïques de la région Rhône-Alpes dans trois objectifs concrets :
- Rassurer votre assureur. Une installation conforme au D20, attestée par un compte rendu Q20, constitue un gage de sérieux qui facilite la couverture de votre site et limite le risque d’exclusions de garantie.
- Garantir la continuité d’activité. Prévenir un incendie d’origine photovoltaïque, c’est protéger votre outil de travail, vos équipes et la production que vous tirez de votre installation.
- Bénéficier d’une expertise technique éprouvée. Nos équipes sont déjà titulaires de l’attestation de compétence D20 délivrée par le CNPP. Notre expérience établie en thermographie Q19 sur installations électriques classiques constitue le socle technique du contrôle des parties AC et DC d’une installation photovoltaïque.
Concrètement, nous intervenons à toutes les étapes :
- audit de votre installation existante au regard du référentiel D20 ;
- contrôle initial avec délivrance du compte rendu Q20 ;
- contrôles périodiques annuels ;
- conseil sur la hiérarchisation des actions correctives à mener ;
- accompagnement dans la relation avec votre assureur.
Vous exploitez une installation photovoltaïque et vous vous interrogez sur sa mise en conformité avec le D20 ? Vous souhaitez anticiper l’échéance du 1er septembre 2026 ? Contactez nos équipes pour un échange et un devis adapté à votre site.
Questions fréquentes sur l’APSAD D20 et le Q20
Qui peut réaliser un contrôle APSAD D20 ?
La vérification et la rédaction d’un compte rendu Q20 sont réalisées exclusivement par un opérateur titulaire d’une attestation de compétence D20 en cours de validité, délivrée par le CNPP. L’opérateur doit également posséder une habilitation électrique adaptée à la nature de ses missions.
Quelles installations sont concernées par le référentiel ?
Le D20 s’applique aux installations photovoltaïques en toiture, en façade, en ombrières et en champs solaires au sol, sur des bâtiments tertiaires, agricoles, industriels, commerciaux ou des habitations collectives. Les maisons individuelles, le photovoltaïque flottant et l’agrivoltaïsme sont exclus du périmètre.
Le contrôle APSAD D20 est-il obligatoire ?
Le référentiel APSAD D20 est d’application volontaire. Il n’est pas imposé par la réglementation, mais il est de plus en plus exigé par les assureurs comme condition de souscription ou de renouvellement des contrats. Son respect conditionne souvent le maintien d’une couverture incendie optimale.
À partir de quand un prescripteur peut-il demander un Q20 ?
Les contrôles avec délivrance d’un compte rendu Q20 sont prescriptibles à partir du 1er septembre 2026. Avant cette date, les contrôles peuvent être réalisés selon le référentiel mais sans délivrance formelle du Q20.
Quelle est la fréquence des contrôles périodiques ?
La périodicité n’est pas fixée par le référentiel lui-même mais déterminée par le prescripteur. Une périodicité annuelle est recommandée, en cohérence avec l’obligation de maintenance annuelle prévue par le D20.
Quelle est la différence entre un Q19 et un Q20 ?
Le Q19 concerne la thermographie des installations électriques classiques (tableaux, armoires, protections). Le Q20 est spécifique aux installations photovoltaïques et couvre un périmètre beaucoup plus large : dispositions constructives, dispositions électriques propres au PV, exploitation, et contrôle thermographique des parties AC, DC et modules. Sur une installation photovoltaïque, le Q20 est le document de référence ; il intègre les exigences thermographiques du D19 pour les parties AC et DC.
Le rapport Q20 est-il suffisant pour mon assureur ?
Le compte rendu Q20 est le document de référence reconnu par les compagnies d’assurance. Il s’accompagne de la fiche d’identité de l’installation et du rapport de contrôle détaillé, qui forment ensemble le dossier complet attendu par l’assureur.
Conclusion
Le référentiel APSAD D20 version 2025 marque une étape importante pour la sécurité des installations photovoltaïques en France. Entre les exigences renforcées sur les dispositions constructives, électriques et de maintenance, l’introduction de la thermographie infrarouge structurée et la mise en place du compte rendu Q20, les exploitants disposent désormais d’un cadre technique complet pour maîtriser le risque incendie de leurs installations.
Chez Acritec, nos équipes sont opérationnelles dès maintenant pour vous accompagner. N’attendez pas l’échéance du 1er septembre 2026 pour engager la mise en conformité de votre installation. Contactez-nous pour un diagnostic et un devis adapté.
Sources : Référentiel APSAD D20 Installations photovoltaïques, édition septembre 2025, CNPP Éditions. Référentiel APSAD D19 Thermographie infrarouge.